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Posté le Friday 30 July 2010 @ 12:58:52 by Youba Contributed by: Anonyme
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 Le 26 juillet, la France a confirmé l'assassinat de Michel Germaneau
par une cellule d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). La presse de
Bamako s'interroge sur le terrible engrenage qui a abouti à la mort de
l'humanitaire français, enlevé en avril au Niger puis détenu au Mali.
Dans un sens, paix à son âme. Michel Germaneau est délivré, car sa
souffrance est finie, lui qui, en plus de l'âge, souffrait du cœur et
des rigueurs du climat qui lui étaient imposées. Pourtant, c'est un
autre matin de défaite pour l'homme tout court. Parce, dans l'autre
sens, l'otage ne méritait pas de finir ainsi, qu'il soit mort par
manque de médicaments ou le cou tranché selon un rituel qui ne peut pas
être le rituel de Dieu. Germaneau a été sans doute la victime d'un
péril qui s'est installé à nos portes, qui n'est pas la créature de
notre pays mais qui nous fera payer de plus en plus cher, en termes
d'image, de réputation et de fréquentabilité. Et ce tant qu'il restera
là parmi nous, divisant nos volontés et nos capacités communes à
l'éradiquer.
Toutefois, sans polémiquer en ces heures
de deuil pour la famille de l'ingénieur, le Français est mort parce
qu'il était condamné, comme l'a bien résumé Nicolas Sarkozy. Il était
condamné parce que Nouakchott ne négocie pas [le 9 juin, le
gouvernement mauritanien a refusé d'élargir des membres de l'AQMI en
échange de la libération d'otages occidentaux]. Tant pis pour les
humanitaires qui se portent au chevet de ses nomades. Ils paieront leur
générosité de leur vie, et personne n'a le droit de leur tendre la
main. Mais, s'il était encore en vie ce jour, Germaneau était encore
plus certainement condamné par le raid infructueux du 22 juillet [mené
au Mali contre une base de l'AQMI par des troupes mauritaniennes et
françaises]. Et alors, la question qui vient à tout esprit normal est :
pourquoi, dans les mêmes conditions, avec la même nationalité, cet
otage est-il mort alors que Pierre Camatte a été libéré [en février] ?
Oui, pourquoi l'un meurt et l'autre non ? Pourquoi une expédition
punitive contre les ravisseurs de l'un et un ballet diplomatique qui a
pris jusqu'au président Sarkozy pour l'autre ? Kouchner n'a pas hésité
à rendre notre président [Amadou Toumani Touré] responsable de tout ce
qui arriverait à Camatte. Rien de pareil pour le président mauritanien
[Mohamed Ould Abdel Aziz], devenu la star de la communauté
internationale. C'est aux Français d'interroger leur président sur
cette différence de traitement. Et à nous d'inviter le nôtre à tirer
les leçons qui s'imposent désormais à lui. Et à nous en tant que
nation. Car le message ambiant est limpide : le Mali n'a plus droit à
l'erreur.
Source: Courrier international.com
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