| |
Posté le Sunday 28 March 2010 @ 22:51:01 by Youba Contributed by: Anonyme
|
 |
 La 4ème chaîne de télévision française Canal+ a consacré une enquête de
son émission "Spécial Investigation" au trafic de drogue en Mauritanie.
Les journalistes ont obtenu des témoignages mettant en cause un Colonel
de la Gendarmerie mauritanienne, ancien Directeur Général des Douanes.
Auparavant,
ils reviennent sur les ramifications des cartels de l'Amérique Latine
qui se servent de la Mauritanie comme terre de transit de la cocaïne
acheminée de la Colombie et du Venezuela vers l'Europe occidentale.
Le reportage évoque sur l'atterrissage,
à Nouadhibou, d'un avion chargé de 674 kilos de cocaïne en provenance
de Maracaibo (Venezuela), le 2 mai 2007. Selon les témoignages
recueillis par les journalistes, les cartels s'étaient mis d'accord
avec un haut fonctionnaire mauritanien, afin qu'il facilite
l'opération. Pour se faire, il avait déjà reçu 230.000 euros et devait
percevoir 200.000 euros avant l'atterrissage. N'ayant pas touché son
reliquat, le fonctionnaire aurait averti la police.
S'ensuit une interview avec Sidi Mohamed
Ould Haïdallah qui parlait au téléphone, de sa prison au Maroc. Sans
citer de nom il expliquait combien d’autres responsable au sommet de
l'État sont tout aussi impliqués que lui.
Puis suit autre interview avec des
policiers français en poste à Nouakchott où ils expliquent la
difficulté de leur mission : lorsqu'ils étaient en embuscade pour
capturer Eric Walter Amegan, un baron de la drogue, dans les rue de
Nouakchott ; un moment ce dernier se rend compte de la filature, alors
il passe un coup de fil et quelques minutes plus tard, une voiture
portant une plaque d'immatriculation officielle s’arrête et il monte à
bord. Dès lors, les agents ne pouvaient plus violer son immunité car
non mandatés à suivre, encore moins interpeller, des personnes sous le
couvert de l’autorité publique de Mauritanie.
Un autre policier - mauritanien -
explique que son équipe avait intercepté un bus aux environs du Palais
des congrès, en plein cœur de la capitale. Il transportait 762 kilos de
la cocaïne d'une valeur de 14 millions d'euros (quasiment la même
quantité trouvée à bord de l'avion de Nouadhibou). Ses hommes et lui
s'attendaient à des félicitations et à une prime d'encouragement mais
ils n'ont rien eu.
Face au manque d'encouragement et devant
les moyens colossaux des narcotrafiquants, les policiers sont plus
tentés de monnayer leur silence plutôt que de risquer la vie à
intercepter la drogue, sans la moindre reconnaissance de la hiérarchie.
Un autre témoignage, d'un trafiquant - à
visage masqué - fait ressortir que, à plus de 18.000 euros le kilo de
cocaïne et avec le peu de risque encouru en Mauritanie, ce commerce a
encore de beaux jours devant lui grâce à la complicité des
fonctionnaires dont les palais poussent, à Nouakchott comme des
champignons.
Selon lui, à un moment donné, les
trafiquants bénéficiaient de l'inestimable complicité du Directeur
Général des Douanes qui facilitait la tâche en mettant toute sa
logistique à leur disposition, y compris ses luxueux appartements à
Tevragh Zeïna.
A la question du journaliste qui voulait
connaitre le nom, le témoin répond : "c'est un Colonel de Gendarmerie,
les mauritaniens savent de qui il s'agit alors pas la peine de donner
des noms".
Source : Taqadoumy.
|
|
|
Liens Relatifs
L'Article le plus lu à propos de :
Les dernières nouvelles à propos de : 
|