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Entre racisme et injustices, La Mauritanie s’enlise dans des sables mouvants…


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12/03/2018

Il est des abcès qui ont besoin qu’on les crève pour entr’apercevoir un minimum de lumière à travers les persiennes closes du ciel. Le racisme et les injustices en Mauritanie font partie de ceux-là. Gangrenant tous les niveaux de la société, il en est venu à infecter viscéralement le tissu social au point où on se demanderait si les dégâts causés ne sont pas irrépressibles. Un processus insidieux mis en place par les nombreux gouvernements depuis les indépendances et qui a englué le pays dans une situation quasi inextricable, tant l’écheveau a été nourri de nœuds de vipères.

 

De nos jours, vu de l’extérieur, c’est un pays qui semble vivre dans la normalité, sauf qu’à s’y intéresser de plus près, on se rend compte qu’y cohabitent tant bien que mal des composantes ethniques qui vivent dans de grandes dissensions à tous points de vue. Des composantes vivant en chien de faïence depuis de nombreuses décennies et que ce qu’on appelle communément les évènements de 1989, du nom desquels l’Etat-monstre a profité d’un malentendu entre éleveurs et agriculteurs sur la vallée du fleuve Sénégal pour mettre en marche un programme préparé depuis fort longtemps, selon l’avis de nombre d’analystes et historiens. La goutte d’eau qui fera déborder le vase de la haine qui avait atteint son trop plein. S’ensuivirent de nombreuses déportations vers le Mali et le Sénégal, l’assassinat de nombreux négro-Mauritaniens, dont 28 soldats noirs tirés au sort un 28 novembre 1990 pour fêter le trentième anniversaire de l’indépendance.

Injustices qui continuent de peser de tout leur poids sur le quotidien des Négro-Mauritaniens de tous les jours qui se voient ployés sous la pesanteur du racisme devenu désormais institutionnel. Mis en place et entretenu par l’Etat-Providence lui-même. Les Négro-Mauritaniens se trouvent aujourd’hui rejetés et marginalisés dans leur propre pays. Il n’est pas rare  de voir des promotions entières de l’armée, de la gendarmerie, de la police et d’autres corporations n’être composées que de Maures, sans que cela n’offusque la moindre personne. Tellement que cela est devenu normal. Ce qui est une aberration. Ces mêmes Négro-Mauritaniens sont disqualifiés des concours nationaux au profit d’un népotisme criard et révoltant. Le mérite n’a plus sa place. Quoi de plus normal dans ce pays que d’éjecter un négro-Mauritanien pour le remplacer par un Maure d’une bonne extraction sociale ou qui appartiendrait à une famille ayant quelque prérogative au pouvoir en place. Ce sont malheureusement des pratiques tellement courantes et flagrantes en Mauritanie, que la vox populi ne s’y attarde plus. Mais il serait temps que l’Etat répare ces injustices que lui-même commet, même si elle ne l’admet pas officiellement. Et qu’elle sache que tous les signaux sont au rouge dans ce pays. Signaux de détresse qu’il doit un tant soit peu essayer de corriger au risque d’embourber la postérité dans la fange de ses iniquités.

                                                                                                                

                                                                                                                                       DIAGANA Sidi Mohamed